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L'alimentation des veaux laitiers : la chasse aux idées reçues

Comme vous le savez les idées reçues sont souvent fausses ou en partie. Nos experts ruminants DELTAVIT ont sélectionné 7 préjugés sur l'alimentation des veaux afin de nous expliquer pourquoi et en quoi ces derniers ne sont pas à prendre pour argent comptant.
Alimentation de veaux

Êtes-vous sûr de connaître les bonnes pratiques sur l'alimentation des veaux ? Découvrez 7 idées reçues expliquées par nos experts ruminants.

Idée reçue n°1 : Le lait de la mère est forcément le meilleur lait pour le veau

Nous avons le réflexe de penser que le lait le plus adapté au veau est le plus « naturel », c’est-à-dire le lait de sa mère. Toutefois, le lait entier est trop riche en matières grasses pour la digestion du veau. Cela peut entrainer des diarrhées. Il est aussi déficitaire en vitamines par rapport aux besoins du veau. L’ajout d’un complémentaire permet de rééquilibrer la ration protéines/matières grasses et d’amener des vitamines, voir des facilitateurs de digestion.

Idée reçue n°2 : Les aliments d’allaitement sans poudre de lait écrémé sont des laits sans lait

Aliments d'allaitement veaux

Un aliment d’allaitement peut être constitué de plusieurs fractions laitières, issues de différentes industries laitières. La poudre de lait écrémé est le co-produit de fabrication de la crème. Le babeurre, parfois utilisé dans les aliments d'allaitement est également issu de cette industrie : à partir de la crème, on obtient du beurre et du babeurre. Le lactosérum est quant à lui issu du lait qui subit un égouttage pour isoler le caillé qui permettra de faire du fromage. Ce lactosérum peut à nouveau être transformé : par ultrafiltration, on isole le lactose et les minéraux pour obtenir de protéines de lactosérum et faire des aliments d'allaitement à haut niveau de protéine. Par cristallisation, on isole seulement le lactose qui permet d’obtenir du lactosérum délactosé (protéines + minéraux).

Utilisez des aliments d'allaitement riches en produits laitiers: poudre de lait écrémé, babeurre ou  lactosérum.

Lait ► crème + lait écrémé

Crème ► beurre + babeurre

Lait ► caillé pour le fromage + lactosérum

Idée reçue n°3 : Les aliments d’allaitement sans poudre de lait écrémé sont de moindre qualité

Il existe 2 grands types d’aliments d'allaitement : ceux à base de poudre de lait écrémé et ceux à base de lactosérum. Leurs caractéristiques de digestion sont différentes et correspondent à une utilisation et à des objectifs de l’éleveur différents. Les aliments d'allaitement riches en poudre de lait écrémé permettent une digestion de 6 à 8 heures, proche du temps de digestion du lait entier. Ils permettent un transit lent et une bonne digestion. Les aliments d'allaitement à base de lactosérum se digèrent plus rapidement : 2 à 4 heures. Le veau a rapidement faim et consomme de l’aliment solide. Ils permettent donc un meilleur développement du rumen.
 

Une étude menée par le Groupe CCPA auprès de 1 340 génisses fait état d’un meilleur poids à 6 mois pour les génisses nourries avec un aliment d'allaitement à base de lactosérum : 182 kg, par rapport aux aliments d’allaitement riches en poudre de lait écrémé: 163 kg. Cela n’est probablement pas seulement dû à la nature de l’aliment d'allaitement. En effet, l’étude a révélé que les éleveurs ayant des problèmes se tournaient davantage vers les aliments d'allaitement en poudre de lait écrémé, suivant certains conseils. Si ces éleveurs n’accompagnent pas le changement d’alimentation avec un changement des pratiques ou une qualité d’aliment solide, cela se révèle inefficace.

Idée reçue n° 4 : Les premiers jours de vie, le veau ne consomme pas d’aliment solide

Les veaux consomment de l'aliment solide peu de temps après la naissance

On a coutume de dire que les veaux ne consomment pas d’aliments solides dans les premiers jours et beaucoup d’éleveurs les introduisent vers 2/3 semaines d’âge. Or, une étude auprès de 1 340 génisses, a montré que la distribution de concentrés avant 7 jours permettait une amélioration du poids à 6 mois de 12 kg par rapport à des génisses ayant accès à l’aliment après 7 jours (Groupe CCPA, 2015). Est-ce une ingestion réelle dans les premiers jours ou une prise de connaissance de l’aliment ? En tous cas, repousser l’introduction de l’aliment solide ne fait que retarder le moment de l’ingestion et le développement du rumen.

Idée reçue n°5 : Le foin est le meilleur fourrage pour les veaux, la paille n’a pas de valeur alimentaire

La paille permet un gain de 13 kg sur le poids à 6 mois par rapport au foin (étude Groupe CCPA, 2015). En effet, les valeurs nutritionnelles du foin sont très irrégulières. Le fourrage donne ainsi des résultats en termes de croissance irréguliers. La paille, quant à elle, permet de développer la capacité d’ingestion de l’animal.

Idée reçue n°6 : Le relevés de croissance au ruban sont peu précis et donc inutiles pour suivre la croissance

Le relevé de tour thoracique est une manipulation de l’opérateur qui la réalise. Mais il existe quelques règles à respecter pour diminuer l’impact de la personne prenant les mesures : placer le ruban juste derrière les pattes arrière et serrer au maximum. Au sein d’un élevage, l’important est plus l’évolution entre 2 mesures. Il faut donc essayer de confier les mesures à une seule et même personne. L’estimation des poids au ruban guide les éleveurs et s’est révélée efficace : les animaux mesurés régulièrement font 7 kg de plus à 6 mois que les autres (étude Groupe CCPA, 2015).

Idée reçue n°7 : La distribution du colostrum à la sonde œsophagienne n'est pas recommandée

La pratique n’est pas évidente et elle peut rebuter certains. La distribution du colostrum à la sonde œsophagienne est le meilleur moyen d’assurer au veau un bon système immunitaire qui lui permettra de combattre les pathogènes de l’élevage. Celle-ci permet de passer un volume important de colostrum, et assure un taux élevé et une bonne absorption intestinale d’immunoglobulines G (les cellules de l’immunité). Elle permet de gagner 33 kg à 6 mois par rapport à des veaux qui tètent leur mère, 21 kg par rapport à une distribution du colostrum au seau ou au biberon (Groupe CCPA, 2015). Si ce choix de distribution est fait par l’éleveur, il est primordial d’apporter un soin rigoureux et minutieux au nettoyage et à la désinfection du matériel.

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