Adapter la conduite des vaches laitières en épisode caniculaire
QUE SE PASSE-T-IL LORS D’UNE CANICULE ?
- Forte transpiration pour réduire la température corporelle : perte conséquente d’eau et d’électrolytes. La vache peut boire plus de 250 l/j et perdre 2 à 3 fois plus d’électrolytes.
- Réduction des déplacements surtout lors des périodes les plus chaudes : moins de consommation de ration à l’auge et réduction de la fréquentation robot : affaiblissement lent de la production laitière.
- Diminution de l’ingestion à l’auge : la proportion de concentrés augmente alors que celle de fourrages diminue. Baisse du NDF des fourrages : affaiblissement de la population de bactéries cellulolytique du rumen et hausse significative du risque d’acidose. Cette réduction crée un fort déficit énergétique et est responsable de 50% de la chute de production laitière. La combinaison acidose et perte d’état va entraîner un fort risque de boiteries (fonte du coussinet graisseux, inflammation).
- Augmentation très importante des besoins en énergie de la vache liée principalement à l’augmentation des besoins d’entretien jusqu’à 50% et à l’inflammation globale provoquée par le stress thermique. Cette dernière à un impact très délétère sur l’immunité, reproduction…
- Réduction de la production laitière qui va induire une baisse des besoins en protéine et un déséquilibre énergie/protéine : hausse taux urée, risque inflammation. Sans adaptation des paramétrages robot, la quantité de concentré va diminuer car elle est liée à la production de lait.
AGIR EN 4 POINTS EN SITUATION DE CANICULE :
1. hydrater les animaux
Apporter des points d’eau supplémentaires. Pour limiter la détérioration du bilan électrolytique une boisson « isotonique » est recommandée.
- Deltalitol : 100 ml/VL/j
- Hydraplus : 100 g/VL/j dans la RTM (Ration Totale Mélangée)
En pratique 16 cm linéaire d’abreuvoir et 1 abreuvoir pour 20 vaches est recommandé.
Attention aux abreuvoirs en sortie de robot avec pré refroidisseur ! Si le débit d’eau est lié au débit de lait : Baisse de production laitière et augmentation des besoins en eau = Bac vide. Environ 30% de l’eau est bue en sortie de robot.

Focus veaux : vigilance maximale
- Tous les veaux doivent avoir accès à de l’eau fraîche et propre dès le premier jour de vie, y compris ceux nourris au lait.
Un accès précoce à l’eau stimule la consommation d’aliment de démarrage, favorise le développement du rumen et soutient la croissance. Par temps chaud, les veaux peuvent perdre des quantités importantes d’eau en raison de l’accélération de la respiration et de la dissipation thermique. Les besoins en eau peuvent augmenter de 50 à 100 % en situation de stress thermique. - L’eau seule ne suffit souvent pas.
Les veaux soumis à un stress thermique perdent non seulement de l’eau, mais aussi des électrolytes essentiels (sodium, potassium, chlorure) nécessaires à l’hydratation, au fonctionnement nerveux et à l’équilibre acido-basique. De plus, le stress thermique accroît le stress oxydatif, ce qui peut nuire à l’immunité et aux performances. - La diarrhée aggrave considérablement la situation
En cas de diarrhée par temps chaud, les pertes en eau et en électrolytes augmentent de façon spectaculaire. Un veau atteint de diarrhée peut perdre de 4 à 8 litres de liquide par jour, ce qui entraîne rapidement une déshydratation, une réduction de la consommation de lait, un ralentissement de la croissance, une faiblesse et un risque accru de maladie. - Pourquoi utiliser une solution d’hydratation spécifique ?
Une solution hydratante de qualité soluble dans le lait, riche en électrolytes et antioxydants apporte :- De l’eau pour rétablir l’hydratation
- Des électrolytes pour contribuer à compenser les pertes
- Des sources d’énergie pour favoriser le rétablissement
- Des antioxydants pour réduire les effets négatifs du stress oxydatif et soutenir l’immunité
- Hydraplus : 50 g/veau/j à répartir sur les buvées
2. Travailler la ration à l’auge
En premier lieu il faut favoriser l’ingestion. Favoriser une distribution de la ration le soir. L’ajout de sucre va avoir un impact positif sur l’ingestion, réduire le tri et stimuler l’activité bactérienne du rumen sans augmenter le risque acidogène : objectif 5%.
- Deltagreen est une solution liquide très appétante riche en sucres avec une cinétique fermentaire diversifiée pour stimuler l’activité ruminale. Il contient des plantes qui facilitent la digestion de la matière grasse.
Favoriser des fourrages les plus digestibles pour compenser la baisse d’ingestion.
Eviter le réchauffement de la ration à l’auge : faire deux distributions par jour dont 2/3 le soir. Ajout d’acides possible.
Reconcentrer la ration en énergie via l’ajout de matières grasses : Favoriser les matières grasses saturées (acide palmitique) pour éviter d’impacter les bio hydrogénations ruminales.
Attention aux excès de protéine rapide : limiter l’ajout d’ANP.
3. Sécuriser le fonctionnement ruminal : Limiter le risque d’acidose
Les périodes de canicules vont rapidement augmenter le risque d’acidose ruminale. L’acidose va impacter la flore cellulolytique et favoriser l’inflammation intestinale.
- Distribuer Acidoline à 100 à 200g/VL/j pendant la durée de l’épisode caniculaire : réduction du risque d’acidose.
- Viser une BACA entre 350 et 400meq/kg MS
- Les levures vivantes n’auront que peu d’impact sur une période d’utilisation courte et avec un besoin d’efficacité immédiate.
- Sécuriser les fermentations de l’amidon au niveau du rumen grâce à Amiviv’.



4. Optimisation du robot de traite
Fixer la distribution de concentré afin d’éviter que le robot accompagne la baisse de lait.
Assouplir légèrement les permissions de traite des vaches : réduire de 10% le litrage nécessaire pour accéder à la traite.
Être très vigilant au nettoyage des trayons et au post trempage (allonger le temps de sprayage). Redoubler d’effort pour lutter contre les mouches.
Limiter le risque de boiterie :
- Peditonic améliore la qualité des sabots, des onglons et de la peau : 50g/VL/j
- Mise en place d’un pédiluve
Gestion Post-canicule
L’ensemble des impacts de la canicule sur les vaches laitières va très fortement solliciter l’organisme : utilisation élevée d’oligo éléments et vitamines, très forte stimulation du foie liée aux irrégularités d’équilibre énergétique…
Il est recommandé de faire une cure d’hépato protecteur puis 1 semaine après une cure oligo-vitamines afin d’optimiser la remontée en lait.
- Deltapass FL : 100g/VL/J durant 10 j dans la ration totale mélangée (RTM) : soutien du foie
- Bufflo® Tonic Axion® 200g/VL/j (100g ?) pendant 5j dans la RTM : mix vitamines, oligo-éléments, antioxydants